 Nicolas Martinez |
La production picturale de Nicolas Martinez est frénétique. Il adopte ce média afin d’en extraire ses propres vérités esthétiques et sensibles. Son style, leste et racé, s’inscrit sans nul doute dans une imagerie transitoire entre Impressionnisme et Expressionnisme Abstrait. Son identité s’affirme à travers une maturation de l’abstraction lyrique observée au gré des séries, dont l’épure et le graphisme se sont peu à peu dissous pour laisser place à une création bigarrée.
Les toiles produites entre 2009 et 2011 marquent un tournant dans l’œuvre de Nicolas Martinez. Fort d’un travail en amont alambiqué, chaque tableau bénéficie d’une structure formelle complète. Pour ce faire, il exploite des toiles de grand format montées sur des châssis singulièrement façonnés. Cet ébéniste de formation offre ainsi à chacune de ses œuvres une armature unique qui contribue à part entière à l’unité visuelle. La toile elle-même est pleinement manipulée. Si le recto est en général riche de matières et de techniques – all-over, dripping et autres collages – capteurs de lumière, le recto est lui aussi traité par aplats chromatiques que seule la transparence révèle. Ses surfaces sont pour lui le ring d’expressions gestuelles où oscillent réflexion et impulsion toujours au service d’une facture rigoureuse. Appliqué à faire se confronter les contrastes et les reliefs, sa peinture jouit selon les séries, de projections expansives sur fond subtilement émaillé ou d’une profondeur due à des coulures quadrillées. Il s’évertue à peindre non pas le réel, mais la vibration, le rythme et les silences comme si chaque couleur était une note. En somme, Nicolas Martinez compose.
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